POID Paris 20

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Comité du vingtième arrondissement de Paris du Parti des Travailleurs

06/11/2024
06/11/2024

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30/10/2024

Édito TT 463

« Vital », vous avez dit « vital » ?

On peut être un vieux politicien réactionnaire et expérimenté et perdre pourtant le sens du ridicule. François Bayrou vient de déclarer : « Le 49-3, c’est vital dans la Ve République quand on n’a pas de majorité. »

En bon français, est vital ce qui est « essentiel à la vie ». Alors, comment Bayrou peut-il désigner comme vital un plan Barnier qui réduit le remboursement des médicaments, remet en cause les congés maladie, supprime en masse les emplois dans les services publics, bloque les pensions et maintient le report de deux ans du départ à la retraite, autant de mesures qui diminuent l’espérance de vie en bonne santé de l’immense majorité de la population ?

On l’a compris, ce qui est vital pour Bayrou, ce sont les profits des capitalistes. Et il a raison d’affirmer que le 49-3 permettra de les défendre en toutes circonstances, même sans majorité à l’Assemblée nationale.

Conclusion : ceux qui, dans le mouvement ouvrier, appellent les travailleurs à faire confiance aux manœuvres du Palais-Bourbon pour la défense de leurs intérêts, ceux-là conduisent les travailleurs dans une impasse.

Ce qui est vital pour les travailleurs, c’est de bloquer les plans meurtriers du gouvernement Macron-Barnier.

Trois questions sont posées. Premièrement, oui ou non, s’agit-il de préparer le « tous ensemble » ? La réforme des retraites frappe tous les travailleurs, tout comme l’augmentation du ticket modérateur de la Sécurité sociale qui reste à la charge des assurés sociaux et la remise en cause des services publics. Donc tous les travailleurs sont concernés. Ne nous laissons pas diviser entre fonctionnaires et travailleurs du privé.

Deuxième question : quel est l’objectif du combat qui se prépare ? Il est du devoir de chacun de se prononcer clairement sur cette question. S’agit-il, oui ou non, de bloquer le plan Barnier, qui ne peut se négocier ni en tout ni en partie ? Chacune de ses mesures doit être retirée. L’objectif de la lutte est clair : bloquer le plan, imposer son retrait.

D’où la troisième question. Cet objectif – vital celui-là pour l’immense majorité de la population – ne peut pas être borné par l’impératif de préserver le gouvernement et les institutions. Si pour sauver les droits ouvriers et empêcher un nouveau plongeon dans la misère, plus grave encore que les précédents ; si pour empêcher que disparaisse la Sécurité sociale de 1945, il faut chasser le gouvernement et aussi les institutions réactionnaires de la Ve République, il n’y a pas lieu d’hésiter. S’il faut ouvrir la voie à un gouvernement et à des institutions de la majorité, celle qui n’a que son travail pour vivre, alors les travailleurs ne doivent pas craindre la rupture. Au contraire, c’est en rassemblant ses forces pour bloquer en totalité le plan Barnier de destruction de la Sécurité sociale que la classe ouvrière ouvre la voie à l’établissement d’un gouvernement authentiquement démocratique de défense et de reconquête des droits ouvriers.

23/10/2024

Édito TT 462

Le « problème », c’est l’exploitation capitaliste

« L’exécutif remet l’immigration au premier plan » (Le Monde, 15 octobre). « Migrations, un sujet explosif pour les Vingt-Sept » (Les Échos, 17 octobre). « Immigration, les Européens sur la voie de la fermeté » (Le Figaro, 17 octobre). « L’immigration, Barnier met en scène sa fermeté » (Le Monde, 20 octobre). Pas un jour sans que la presse nationale fasse ses unes sur le même sujet !

Celle de L’Humanité (22 octobre), elle, fait entendre une autre musique : « L’immigration n’est pas le problème. » En effet ! Et ce journal de préconiser « la régularisation des travailleurs sans papiers » comme « une solution de bon sens ». Certes. Est-ce suffisant ?

L’Humanité donne la parole à un dirigeant de la CGT : « Ça arrange une partie du patronat que sur certains métiers on ait des travailleurs qui acceptent n’importe quelles conditions, sans pouvoir se plaindre de quoi que ce soit parce qu’ils n’ont pas de papiers. Des secteurs entiers s’appuient sur ces travailleurs et n’ont surtout pas envie qu’ils soient régularisés parce que quelqu’un qui n’a pas de papiers aura plus de difficultés à faire valoir ses droits. » Parfaitement juste. L’Humanité devrait donc compléter sa une : l’immigration n’est pas le problème, le problème, c’est l’exploitation capitaliste !

Il y a quelques semaines, la Fédération française du bâtiment annonçait qu’il y aurait 150 000 suppressions d’emplois dans ce secteur d’ici à 2025, et même plus de 300 000 en comptant les emplois induits ! Or, selon une récente étude de la Dares, organisme du ministère du Travail, les travailleurs immigrés représentent plus du quart des ouvriers non qualifiés du bâtiment et des travaux publics ; près d’un quart des ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment ; et près de 20 % des ouvriers qualifiés dans les travaux publics. N’y a-t-il pas un rapport entre la suppression massive d’emplois et la chasse aux immigrés ?

Les travailleurs immigrés – surtout quand ils n’ont pas de papiers – relèvent de cette catégorie que Karl Marx, à propos des chômeurs, avait nommée « l’armée de réserve industrielle de la classe capitaliste » : on les prend, on les surexploite et on les renvoie quand le rendement des capitaux investis n’est pas suffisant aux yeux des actionnaires et des fonds de pension !

La régularisation des travailleurs sans papiers est une mesure démocratique légitime. Au-delà, un problème de classe est posé. La chasse aux immigrés est un rouage du mécanisme d’exploitation et de surexploitation de tous les travailleurs, français ou immigrés. C’est donc une attaque contre toute la classe ouvrière. On ne peut y répondre sérieusement sans ouvrir la perspective de chasser le gouvernement des Macron et autre Barnier et d’y substituer un gouvernement des travailleurs défendant, dans tous les domaines, les intérêts de la majorité de la population, celle qui n’a que son travail pour vivre.

C’est pour avancer dans cette voie que le congrès du Parti des travailleurs a lancé un appel à rejoindre ses rangs

16/10/2024

Édito TT 461

Aurons-nous du Doliprane demain ?

Pourrons-nous demain nous procurer du Doliprane en pharmacie ? La question est posée depuis que Sanofi – qui vient de recevoir plus de 200 millions du gouvernement – a annoncé la vente de sa filiale Opella, productrice du Doliprane, au fonds d’investissement américain CD&R. Au micro de France Inter, ce 15 octobre, un certain Ferracci, ministre de l’Industrie, se veut rassurant : le gouvernement va « demander à Sanofi et au fonds d’investissement (…) des engagements sur l’emploi industriel »… Et de préciser : « Le Doliprane est produit quasiment exclusivement pour la France. 97 % des ventes de Doliprane se font en France, donc il y a intérêt à maintenir la localisation en France. »

La journaliste – qu’on ne peut soupçonner d’anticapitalisme primaire – rappelle alors que les mêmes engagements avaient été pris par l’Indien Mittal au moment du rachat d’Arcelor et que, « quatre ans après, c’était la fermeture de tous les hauts-fourneaux ».

Réponse embrouillée du ministre qui ne peut rien garantir, ni la poursuite de la commercialisation du Doliprane en France ni même la poursuite de sa production. Car ce que ce menteur « oublie » de dire, c’est que le fonds d’investissement CD&R appartient à la catégorie du « capital-investissement », ce que les Anglo-Saxons appellent « Private Equity ».

Quel en est le principe ? Ces « Private Equity » se définissent eux-mêmes en ces termes : « Les gestionnaires de fonds lèvent des capitaux auprès d’investisseurs. Le fonds identifie et acquiert des entreprises à fort potentiel de croissance. Le fonds travaille avec l’entreprise pour améliorer ses performances. »* Traduisons : pour « améliorer les performances », le fonds liquidera des chaînes de production et des usines entières, supprimera les emplois par milliers… Car « l’objectif est de créer de la richesse et de revendre l’entreprise à un prix supérieur. Les gains sont distribués aux investisseurs après déduction des frais » !

Le fonds CD&R qui se porte acquéreur de la filiale de Sanofi n’a qu’une raison d’être : revendre l’entreprise à un prix supérieur pour permettre des gains à ses investisseurs (et à lui-même). Si pour cela le Doliprane et d’autres médicaments doivent disparaître, les responsables du « Private Equity » n’auront aucune hésitation !

Ce gouvernement de menteurs est tout entier à l’image de son chef Macron dont les liens étroits avec le puissant fonds spéculatif BlackRock sont de notoriété publique.

Mais le peuple travailleur, lui, a besoin de Doliprane et de médicaments. Il a besoin d’un gouvernement qui défende ses intérêts et qui rompe tout lien avec les fonds spéculatifs. Il a besoin d’un gouvernement qui n’ait pas peur de nationaliser sans indemnité ni rachat Sanofi, et toute l’industrie pharmaceutique, pour la réorganiser en monopole public de production de médicaments vendus à prix coûtant et pris en charge par la Sécurité sociale. Avec pour seule préoccupation les besoins des travailleurs et de leurs familles, et non les exigences des spéculateurs. C’est pour un tel gouvernement que combat le Parti des travailleurs.

09/10/2024

Édito TT 460

Ah… si cela avait été Darmanin, Borne ou Attal…

Sans surprise, la motion de censure contre le gouvernement présentée par les députés du Nouveau Front populaire le 8 octobre n’a pas été adoptée.

Cette motion avançait « deux motifs » pour lesquels le gouvernement devait être censuré. D’une part, « les orientations politiques du gouvernement Barnier » que les signataires dénoncent à juste titre. D’autre part, le fait que « le président de la République aurait dû nommer à Matignon la personnalité proposée par le Nouveau Front populaire (...). Charge ensuite à cette personnalité de proposer un gouvernement au président de la République et de chercher à bâtir des majorités texte par texte. »

Imperturbablement, le NFP persiste à revendiquer un gouvernement de cohabitation avec Macron, appuyé sur « des majorités texte par texte ». Autrement dit, un gouvernement d’alliances avec Macron et des secteurs de la macronie. Un tel gouvernement, s’il voyait le jour, serait-il en capacité, politique et institutionnelle, de décréter les mesures d’urgence qui s’imposent pour prendre l’argent là où il est afin de satisfaire les revendications du peuple travailleur et de la jeunesse ? Poser la question, c’est y répondre…

Il y a pire : la motion reproche à Macron d’avoir nommé un Premier ministre membre d’une formation « qui n’a pas clairement appelé au barrage républicain ». Si on comprend bien, si cela avait été Darmanin, Borne, Attal ou un autre dirigeant macroniste ayant « appelé au barrage républicain », le NFP ne l’aurait pas censuré ?

Mais tandis que le Nouveau Front populaire renouvelle ses offres de cogouvernement avec Macron et d’alliances (barrage ou arc ou front républicain ou union nationale…) avec des partis ouvertement procapitalistes… Barnier présente son plan de 60 milliards d’« économies ». Un plan brutalement anti-ouvrier, qui frappe tous les droits des travailleurs, français ou immigrés, dans tous les domaines. La motion de censure du NFP dénonce dans ces projets « les textes les plus austéritaires des vingt-cinq dernières années ». C’est vrai. Et derrière se profilent d’autres plans encore pires, comme celui de l’Institut Montaigne, qui propose des coupes de 150 milliards d’euros sur le dos des travailleurs.

Toute alliance avec un secteur de la classe capitaliste ne peut aboutir qu’à des mesures toujours plus brutales contre les travailleurs et les jeunes. Barrage ou front républicain, c’est toujours l’alliance avec la bourgeoisie. La satisfaction des revendications ouvrières et jeunes ne peut s’imposer à travers une telle coalition. Pour cela, c’est le barrage ouvrier qui est nécessaire, le front uni des travailleurs et des jeunes.

Cela exige de rejeter toute alliance avec Macron et Barnier et de s’orienter résolument sur la voie de la rupture, pas en mots, mais en actes. Forger le front unique des travailleurs et des organisations pour la satisfaction des revendications, pour bloquer le plan de guerre Macron-Barnier, et au-delà pour les chasser, eux, leur politique et leur Ve République : telle est l’orientation que propose le Parti des travailleurs.

02/10/2024

Édito TT 459

N’en déplaise aux hypocrites de tous bords

En déclarant que « l’État de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré », le ministre Retailleau s’est attiré les foudres de toutes les bonnes âmes du monde politique, à gauche comme à droite.

Pourtant, Retailleau n’a fait que dire à haute voix ce que tous savent et partagent. À savoir : « Nous respectons l’État de droit aussi longtemps que cela est compatible avec les intérêts de la classe capitaliste que nous représentons. »

« L’État de droit », cela suppose qu’il y a un droit. Qui codifie le droit ? Le pouvoir politique. Par conséquent, l’État de droit l’emporte sur la toute-puissance du pouvoir politique tant que celui-ci l’accepte et ne décide pas de modifier le droit. C’est ce qui s’est toujours passé. Ceux qui font mine de se récrier sont des hypocrites.

Retailleau dit en substance : « Nous avons, nous, les héritiers de la Ve République, construit un édifice juridique sur la base d’un coup d’État en 1958, la force du coup d’État l’emportant sur l’État de droit de la IVe République. Aujourd’hui, à nouveau, la force doit primer le droit, et donc le modifier. »

Finalement, Retailleau fait en petit ce que Netanyahou fait en grand. Certes, Biden et Macron protestent contre l’intervention israélienne au Liban, invoquent le nécessaire respect de la souveraineté de ce pays, appellent à un cessez-le-feu et à la mise en œuvre des principes et des résolutions des Nations unies. Cela, c’est, côté cour, l’« État de droit ».

À quoi Netanyahou répond qu’il respecte une résolution de l’ONU, celle qui a créé l’État d’Israël et nié le droit du peuple palestinien à exister comme nation souveraine. Biden et Macron le réprimandent, mais, côté jardin… ils continuent de lui livrer des armes pour sa guerre d’extermination à Gaza et sa guerre au Liban.

Au-delà des nuances, Biden et Macron partagent avec Netanyahou cette conviction : le respect de l’État de droit international s’arrête là où il contrevient aux intérêts de l’ordre capitaliste dans la région.

N’en déplaise aux hypocrites de tous bords, Retailleau comme Netanyahou disent la vérité de la classe capitaliste pour qui la démocratie et l’État de droit ne peuvent jamais être opposés à leurs plans et à leurs exigences. Pour eux, si la logique d’Israël est le génocide à Gaza, alors Israël s’arroge légitimement le droit d’agir ainsi, un droit qui l’emporte sur tout autre droit. De même qu’en France, si la logique du capital est d’avoir les mains libres pour déployer ses plans anti-ouvriers et d’alimenter dans ce but le racisme et la phobie de l’immigré, alors il faut le faire sans hésiter, quitte à enclencher un mécanisme qui ouvre la voie au Rassemblement national.

Les organisations qui se réclament du combat émancipateur de la classe ouvrière ont mieux à faire que de se joindre au chœur des pleureuses hypocrites de la réaction. Retailleau dit tout haut la vérité capitaliste : la force prime le droit. C’est de forces qu’il s’agit : il revient aux travailleurs d’unir les leurs, avec leurs organisations, pour construire l’action unie qui, précisément, est seule à même d’inverser le rapport des forces.

25/09/2024

Édito TT 458

Le front des travailleurs

L’éditorial des Échos reflète généralement l’état d’esprit des cercles dirigeants du capital financier. Celui du 23 septembre ne tarit pas d’éloges pour « le nouveau gouvernement (qui) a de quoi rassurer le monde de l’entreprise ». Les Échos applaudissent « la méthode », le « choix des personnalités », et surtout les « engagements pris par Michel Barnier sur la nécessité de conforter l’attractivité économique de la France », soulignant que « ces engagements ne sont pas passés inaperçus du côté du Medef ! »

Et pour cause… puisque ces engagements consistent à « réduire les dépenses » et « afficher des perspectives ambitieuses de réforme à Bruxelles » ! En clair : un plan de guerre anti-ouvrier se prépare. Car réduire les dépenses de santé, celles des services publics, celles du logement social et engager de nouvelles réformes anti-ouvrières dans la continuité des précédentes, qu’est-ce d’autre que s’en prendre aux travailleurs et à leurs familles ?

La classe capitaliste est donc bien rangée derrière son gouvernement et « rassurée » par lui. Rassurée aussi de voir la « gauche » respecter le cadre fixé. C’est Bompard, de La France insoumise, qui explique, sur France Bleu Provence, combien il serait « absurde » de « s’opposer systématiquement au gouvernement Barnier ». C’est Faure, du Parti socialiste, qui déclare, à propos de sa propre motion de censure, qu’elle est « vouée à l’échec ». C’est Roussel, du Parti communiste, qui va rencontrer Barnier à Matignon en cultivant l’ambiguïté sur une possible participation à un gouvernement qui mettrait en œuvre des mesures progressistes…

Les capitalistes pensent-ils pour autant pouvoir dormir sur leurs deux oreilles ?

18/09/2024

Édito TT 457

Quelle perspective politique ?

Trois mois se sont écoulés depuis l’ouverture de la crise du régime. À ce stade, une seule certitude : le mandat du gouvernement Barnier, s’il voit le jour, sera de porter aux travailleurs et aux jeunes les coups les plus brutaux, pour permettre aux capitalistes de dégager toujours plus de profits.

Face à cela, quelle perspective pour les travailleurs ?

Le contraire d’un gouvernement pro-capitaliste, ennemi des travailleurs, ce serait un gouvernement pro-travailleurs, ennemi de la classe capitaliste. Est-ce cela que propose le Nouveau Front populaire ?

Ce 17 septembre, toutes ses composantes ont voté pour engager l’examen par l’Assemblée nationale de la proposition législative de destitution de Macron. Si Macron était destitué, les travailleurs ne le pleureraient certes pas. Mais cette hypothèse reste hautement improbable, puisque la Constitution exige une improbable majorité des deux tiers dans les deux chambres pour faire aboutir une telle démarche.

Alors, quelle est la perspective ?

Après avoir voté cette proposition, les dirigeants du Parti communiste se sont rendus, le même jour, chez… Barnier, Fabien Roussel en tête ! Que vont-ils y discuter ? On ne sait pas. Mais il est peu probable que cela aboutisse à un gouvernement pro-travailleurs !

Le Parti socialiste, lui, a voté pour enclencher la procédure de débat à l’Assemblée en précisant que, sur le fond, il votera contre la destitution. Il lui préfère le dépôt d’une motion de censure, plus conforme, selon lui, à la Constitution. Là encore, il est peu probable qu’une telle censure soit votée dans un premier temps. Mais le serait-elle, sur quoi déboucherait-elle ? Une autre combinaison de gouvernement de cohabitation, une autre variété de gouvernement pro-capitaliste et anti-travailleurs, présidé par Macron, conformément à la Constitution ?

Quant à La France insoumise, elle a affirmé par la voix de Mélenchon à la Fête de L’Humanité être favorable à la convocation d’une Assemblée constituante, sans en préciser l’échéance. Mais son tract, intitulé « La destitution par l’article 68, comment ça marche ?», indique clairement que l’initiative reste prisonnière des institutions de la Ve République.

Sous des formes différentes, aucune de ces formations ne veut s’engager dans une logique de rupture.

Un parti décidé à chasser Macron et sa politique et les institutions au service du capital devrait avancer une perspective claire : un gouvernement des travailleurs prenant les mesures indispensables à la classe ouvrière et à la jeunesse, financées par la confiscation des crédits militaires et des profits capitalistes. Cette perspective se heurtant aux institutions de la Ve République, un tel parti devrait appeler à forger l’unité d’action des rangs ouvriers pour imposer cette triple exigence de la démocratie. Et y relier la nécessité de convoquer immédiatement une Assemblée constituante chargée de mettre en place une autre République, authentiquement démocratique. Telle est l’issue politique pour laquelle combat le Parti des travailleurs.

11/09/2024

Édito TT 456

Retour aux fondamentaux

Barnier, c’est plus d’un demi-siècle au service du capital et de la réaction. Lui à Matignon, peu importe les noms des ministres : patrons et spéculateurs dicteront directement la politique du gouvernement et le pousseront à affronter les travailleurs. Ainsi, la classe capitaliste revient à ses fondamentaux : la lutte des classes, capital contre travail.

Et du côté des travailleurs ? Comment faire face au déferlement annoncé d’attaques contre les retraites, les salaires, les services publics, la Sécurité sociale, les travailleurs immigrés ? À quoi se combine la hausse constante des crédits pour la guerre et des cadeaux offerts aux patrons pour leur garantir toujours plus de profits.

Il faut pour cela revenir aux fondamentaux des exploités : la lutte de classe, classe contre classe, pour se préparer au choc qui vient.

Pour commencer, il faut balayer le fatras de confusion et de combinaisons sans principe auquel les travailleurs ont été soumis depuis trois mois, appelés à soutenir un front républicain avec Barnier, Darmanin et Macron, puis à « revendiquer » la cohabitation avec Macron et enfin à réclamer une impossible « destitution » dans le respect de la Constitution.

Les travailleurs et les jeunes ne peuvent accorder aucune confiance aux institutions de la classe capitaliste !

Une très large majorité de la population vit d’un salaire qui ne rétribue qu’une partie de son travail, l’autre partie étant du travail gratuit à la source du profit des patrons. Appartiennent aussi à cette majorité, car soumis à la même exploitation, ceux qui contribuent à former la jeune génération, ceux qui sont appelés à soigner les travailleurs ou à les transporter.

Quiconque est contraint d’échanger son travail contre un salaire est un exploité. Aux côtés de la classe des salariés, de larges secteurs de la jeunesse se reconnaissent dans leurs intérêts communs. Et aussi les petits paysans ruinés par le capitalisme, les petits artisans et commerçants contraints de fermer boutique par la crise généralisée du système.

Aider la classe des salariés à se grouper comme classe avec ses organisations et à rassembler ses alliés autour d’elle pour la défense de leurs intérêts communs.

L’aider à forger son unité sur la base de revendications décidées par les travailleurs eux-mêmes.

Combattre la division et l’émiettement dans des journées d’action sans fin et des initiatives dispersées.

Rejeter les appels à attendre 2027.

Ne faire aucune confiance à ces institutions.

En un mot : se préparer, à travers le combat pour les revendications immédiates, à ouvrir la voie au gouvernement de la majorité.

Tels sont les fondamentaux auxquels la classe des travailleurs doit revenir. La volonté de l’immense majorité, celle qui n’a que son travail pour vivre, doit l’emporter sur la dictature d’une poignée d’exploiteurs qui n’est jamais rassasiée du profit tiré de l’exploitation.

Tel est l’ordre du jour du prochain congrès du Parti des travailleurs.

04/09/2024

Édito TT 455

Qui gouverne en réalité ?

Et si l’objectif de Macron était de prouver que, sous la Ve République, il est possible de gouverner sans gouvernement ni Premier ministre ?

Sur les « affaires courantes », un gouvernement « démissionnaire » suffit à la tâche, on le voit avec la désastreuse rentrée scolaire de Mme Belloubet. Et cela vaut aussi pour l’avenir. Le ministre « démissionnaire » Le Maire annonce des chiffres astronomiques de déficit public. Il désigne les responsables : les collectivités territoriales qui, à l’en croire, seront contraintes, quel que soit le gouvernement, de réduire leurs dépenses !

Y aurait-il trop de crèches et de centres de protection maternelle et infantile ? Accorderait-on trop de crédits à l’entretien des collèges, des lycées, des écoles ? Les tarifs des cantines et les loyers des logements sociaux seraient-ils scandaleusement bas ? Ces logements seraient-ils trop luxueux et trop bien entretenus ? Les employés territoriaux seraient-ils trop nombreux et trop bien payés ?

À écouter le ministre « démissionnaire », cette véritable saignée dans les budgets sociaux serait dictée par l’obligation de réduire la dette publique. Sinon… la France sera punie par les agences de notation et les grandes banques ne lui prêteront plus d’argent.

Les grandes banques ? Elles sont dominées par le capital financier principalement états-unien. Là se situe le cœur des forces sociales qui, certes, ne gouvernent pas directement la France, mais la gouvernent quand même d’une certaine manière, comme d’ailleurs les autres grands pays capitalistes. Un Premier ministre, un président de la République sont les instruments de leurs exigences, Macron peut y mettre sa petite touche, mais le cadre général est fixé par d’autres, loin de l’Élysée… et encore plus loin de Matignon !

Les institutions de la Ve République, comme celles de l’Union européenne, interdisent toute politique qui consacrerait les richesses produites à la satisfaction des besoins du peuple. Elles n’autorisent que des politiques qui prélèvent sur le travail du peuple pour engraisser les capitalistes et les spéculateurs. Macron est là pour veiller, avec tous les moyens que lui donne la Constitution, à ce que les exigences des capitalistes s’imposent en toutes circonstances. On ne peut donc gouverner pour le peuple et gouverner avec Macron. Appeler de ses vœux une cohabitation entre le Nouveau Front populaire et Macron, c’est être candidat au rôle d’homme (ou de femme) de paille du capital financier.

Un gouvernement qui voudrait répondre aux besoins les plus urgents de la population remettrait en cause le paiement de la dette, qui n’est pas celle du peuple travailleur. Il rejetterait les diktats des traités européens. Il en appellerait à la mobilisation ouvrière et populaire pour imposer cette rupture et faire respecter le mandat du peuple. En commençant par abroger les institutions de la Ve République (dont la fonction de président) et convoquer une Assemblée constituante composée de délégués du peuple, élus, mandatés et révocables, pour jeter les bases d’une authentique démocratie.

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